Interview d’Aude Mathis [Fréjus, France]

La douce et talentueuse Aude Mathis partage avec nous sa passion et son aventure autour de la danse orientale. C’est avec sagesse qu’elle nous parle de son parcours et ses voyages…

Lucie : Quand avez-vous découvert la danse orientale et avec quel professeur ?
Aude Mathis : J’ai découvert la DO avec Nadia Azzaz alors que j’étais étudiante à Strasbourg en 1995. J’ai tout de suite été fascinée par cette danse et je sentais qu’elle était faite pour moi !
Lucie : Quels sont les artistes qui vous inspirent ?
Aude Mathis : Les 2 danseuses qui m’ont le plus apporté et qui continuent à m’inspirer sont Aziza (USA) et Nesma (Madrid) ; 2 styles totalement différents mais deux danseuses fabuleuses et des personnes d’une extrême générosité. Pour citer d’autres artistes : Yousry Sharif, Khaled Mahmoud, Randa Kamel…
Lucie : Vous avez enseigné en Egypte et Syrie, pouvez vous partager avec nous votre expérience ? Qu’est ce que ces voyages vous ont apporté ? Est ce que votre vision de la danse orientale a été changée ?
Aude Mathis : En Egypte, la plupart de mes élèves étaient occidentales ; les Egyptiennes dansant uniquement en famille, entre femmes. J’enseignais dans un club de fitness situé dans l’un des beaux quartiers d’Alexandrie. Bien sûr, pas de gala de fin d’année ni de prestations publiques, simplement le plaisir de danser, d’apprendre la « danse égyptienne ». Cette expérience a été déterminante, ce furent mes premiers pas en tant que professeur et j’ai su à partir de ce moment-là que mon plus grand plaisir était de partager ma passion, de la transmettre.
En Syrie, mes élèves étaient toutes (sauf une !) Syriennes. J’enseignais dans 3 clubs différents à Alep ; comme en Egypte, il s’agissait d’apprendre la danse, de s’amuser et non de se produire en public ! Un plaisir énorme partagé avec des femmes qui s’échappaient du quotidien et se révélaient en dansant sur leur musique. J’ai également donné des cours particuliers à une danseuse, avec qui des liens très forts se sont créés, une amitié née de la danse et de l’échange.
Plutôt que de parler de « voyages », je préfère parler de ma vie au Moyen-Orient, 5 années déterminantes pour ma carrière de danseuse et ma vie en général. J’ai appris la langue, j’ai vécu avec une famille égyptienne, j’ai essayé de m’imprégner au maximum de ces cultures si riches. Ma vie d’adulte a commencé dans ces pays, ils font donc partie de moi. J’aime ces pays et j’avoue que ce qui s’y passe en ce moment me déchire le cœur.
Quant à ma vision de la danse, elle s’est forgée là-bas, j’ai bien sûr découvert le problème du « tabou », ce grand paradoxe entre les danseuses qui font rêver, qui font la une des magazines mais qu’on n’épouse pas ! Mais j’ai aussi vu que cette partie de la culture orientale fait la fierté des femmes et quand une occidentale leur fait honneur en dansant (en privé), elles sont conquises !
Lucie : Quelles sont les différences que vous avez pu rencontrer en enseignant à l’étranger et en France ?
Aude Mathis : Pour ce qui de l’Egypte et de la Syrie, j’ai déjà évoqué le côté ‘privé’, pas de représentation publique même si les élèves apprécient les chorégraphies, alors qu’en France le gala de fin d’année est très attendu, on adore porter son costume, se faire belle, présenter le travail de toute une année sous les projecteurs !
Sinon, partout les femmes prennent plaisir à danser, à révéler leur féminité. Certaines ont plus de facilité que d’autres, quel que soit le pays, mais toutes progressent et lorsque le fameux déclic opère, c’est merveilleux ! (pour l’élève comme pour la prof !)

Lucie : Vous êtes l’organisatrice du Festiv’Al-Shimmy qui se déroulera les 15-16-17 mars 2013, pourquoi avoir créé ce festival ?

Aude Mathis : Par passion. Pour le partage. Pour m’investir encore plus dans la danse et rencontrer les artistes que j’admire. Egalement pour offrir aux danseuses la chance de pouvoir apprendre avec les plus grands : quand la danse est notre métier on peut se permettre de voyager pour aller prendre des cours ici ou là avec des maîtres de danse mais tout le monde ne peut pas en faire autant (faute de temps, d’argent, ou autre). Avec ce festival ce sont les stars qui viennent à nous !! (et pour que l’argent ne soit pas un frein, une barrière pour vivre cette passion, nous avons établi des tarifs plus que raisonnables !)

Lucie : En 2013 vous allez inviter à nouveau Aziza de Montréal, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Aude Mathis : Pas de date fixée à ce jour, car nos calendriers ne concordaient pas 🙁

Lucie : Quels sont vos projets ?

Aude Mathis : Poursuivre le festiv’Al shimmy !! J’ai également mis en place une formation professionnelle pour former des danseuses au métier de professeur de danse. Une formation intensive en folklore ‘Mahmoud Reda’ avec Nesma mais pour l’instant je n’en dis pas plus !!!

 

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    lucie Écrit par :

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